Comment savoir quelles activités et quels jouets proposer à mon enfant ?

de | février 10, 2017

Salam aleykunna !

Acheter un jouet ou proposer une activité pour nos enfants peut parfois demander une grande réflexion car on ne sait pas du tout quoi choisir ! Voici quelques conseils pour savoir par quoi votre enfant est attiré et lui proposer les bonnes activités au moment idéal.

Dans la pédagogie Montessori, l’observation est fondamentale pour étudier les différentes périodes sensibles de l’enfant (j’en parlerais dans un autre article inchaAllah) ! . C’est une véritable source d’inspiration qui va nous permettre de savoir ce qu’on peut lui proposer comme découverte.

Maria Montessori passait des heures à observer les enfants de sa classe et cela sans jugement, avec patience. D’ailleurs, c’est en observant les enfants à longueur de temps qu’elle a bâti toute sa théorie.

L’observation va nous permettre d’apprendre de nos enfants, de connaître leurs centres d’intérêt, d’en apprendre sur leur personnalité. On pourra alors présenter à l’enfant un matériel ciblé.

Comment observer mon enfant ?

Il existe différentes manières d’observer l’enfant. On peut le faire avec un support écrit en faisant attention à ce que l’enfant ne nous voit pas en train de l’observer. Cette méthode est utilisée dans les écoles Montessori. On peut le faire simplement à la maison lorsque l’on est en train de faire une action. Tout cela bien sûr en toute discrétion ! Plus nous observons et plus nous allons voir comment notre enfant fonctionne.

Mise en situation avec un enfant de 6 ans

Pendant plusieurs jours, j’ai observé cet enfant de 6 ans qui passait son temps à fabriquer des avions, des catapultes et autres constructions dans ce genre avec des bouts de papiers, des gommes, de la colle, des ciseaux, des mouchoirs….

En le regardant attentivement, j’ai pu voir qu’il était très concentré et qu’il pouvait resté comme cela pendant plusieurs minutes !

Il commençait par prendre tout ce qu’il avait sous la main sans savoir quoi construire au départ. Puis il réfléchissait et se mettait à faire plusieurs tests. Une fois qu’il était satisfait de sa petite construction, il la déposait et passait à autre chose.

Quelques jours après, je lui ai offert des blocs de construction pour son plus grand plaisir !! Il a passé des heures et des heures à jouer avec en construisant et détruisant sans relâche !

Mise en situation avec un enfant de 4 ans

Cet enfant passait son temps à s’amuser avec l’eau du robinet et donc à se faire gronder par sa maman.

Malgré cela, dès qu’elle avait le dos tourné, il allait dans la salle de bain pour ouvrir le robinet.

Comment auriez-vous réagi dans cette situation ?

Avec du recul et de l’observation, on peut se demander pourquoi tant d’intérêt pour l’eau. On pourra alors proposer à l’enfant des activités autour de l’eau comme les différents cycles de l’eau, le gaspillage, la sécheresse de certains pays, lui faire un jeu avec une bassine d’eau et lui proposer de faire une expérience avec des objets pour savoir si ils coulent ou si ils flottent. Ainsi, l’enfant travaille son vocabulaire, sa concentration, sa réflexion. Plus tard, on expliquera à l’enfant avec bienveillance qu’il ne faut pas s’amuser à ouvrir le robinet car comme dans l’activité réalisée, il ne faut pas gaspiller l’eau.

Et pour finir, voici un extrait d’une conférence où Maria Montessori nous raconte une de ses séance d’observation.

« Il s’agissait d’une enfant de trois ans et demi qui enlevait de leur socle, où ils s’encastraient rigoureusement, des cylindres en bois de dimensions graduées, pour les y replacer ensuite ; elle les retirait tous, et puis retrouvait la place de chacun, ce qui constituait un exercice extrêmement délicat. Son visage révélait une attention intense. L’exercice se poursuivait déjà depuis un moment, quand je me mis à compter combien de fois elle allait le répéter. Je comptai dix, vingt, trente fois. Je compris que je me trouvais devant un phénomène extraordinaire et je priai la maîtresse de faire chanter tous les enfants ensemble. Je constatai alors, presque avec stupeur, que l’enfant continuait, imperturbable, sourde à ce stimulant, pourtant violent. Je la pris alors avec sa chaise et la déposai, elle et ses objets, sur une table. Elle avait, en hâte, ramassé ses petits cylindres, et, là-haut, elle recommença son travail avec la même attention, avec les mêmes gestes. J’avais constaté quarante-deux répétitions quand l’enfant s’arrêta, elle regarda autour d’elle, comme si elle s’éveillait d’un rêve, et rit, heureuse: ses yeux étaient brillants ; son visage était serein et reposé. Non, ce n’était plus le type de la petite fille gauche, aux yeux inexpressifs I Quelque chose de profond s’était éveillé en elle. Quoi ? Et pourquoi cet exercice prenait-il fin spontanément, alors que rien d’extérieur n’avait réussi à l’interrompre ? »

Les observations qui sont à la base de ma méthode » (conférence de 1936 à Paris)

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